Fiction/non fiction

Adrien BORNE

Jours : Sam, Dim - Stand : PAGE ET PLUME (36)

La vie qui commence (JC Lattès)

En plein été, Gabriel, 12 ans, est seul à la maison. Allongé sur la moquette du salon, un bol de glace devant le tour de France, c’est la liberté. Pantani n’a pas achevé l’ascension de l’Alpe d’Huez que quelqu’un sonne. Planté devant la maison, le mono au jogging rouge. Celui qui pendant sa dernière colo, chaque matin, s’est invité dans sa chambre. Mais cette fois-ci, Gabriel dit non et referme la porte. Le temps de remonter le couloir pour se rasseoir devant la télévision et c’est comme si rien de tout ça ne s’était jamais passé. Vingt ans plus tard, Gabriel débarque dans la ville de Tonnerre. Il a tout le mois de juillet pour aider son grand-père, Lucien, à faire du tri dans sa maison avant qu’elle ne soit vendue. Surtout, il veut comprendre pourquoi le vieil homme, revêche et solitaire, a consacré sa vie entière à la fosse Dionne, cette source insondable au cœur de la ville. Mais il y a autre chose. Il y a cette présence qu’il voudrait chasser, il y a ses jambes qui fourmillent d’impatience, cette violence qui surgit. Tandis que Gabriel sonde les profondeurs de la fosse à la recherche du secret de Lucien, c’est sa propre mémoire qu’il explore. À présent, il faut remonter le chemin, jusqu’à la chambre verte. Jusqu’à ce que la mosaïque, pièce par pièce, se complète. Et que la vérité émerge.
Avec La vie qui commence, Adrien Borne signe un roman magistral sur l’enfouissement de la mémoire et les secrets que l’on porte en soi sans qu’on le sache. Dans une langue d’une beauté remarquable, et avec une infinie délicatesse, il rend hommage à tous ceux qui, comme lui, ne peuvent sourire qu’à demi.

Adrien Borne, quarante ans, est journaliste. Il est l’auteur d’un premier roman très remarqué, Mémoire de soie (Lattès, 2020 ; Le Livre de Poche, 2022).