Philippe Besson est un des auteurs incontournables de sa génération. Depuis 2001, il a publié dix-huit romans, dont Son frère, adapté au cinéma par Patrice Chéreau en 2003, En l’absence des hommes, L’Arrière-saison, La Maison atlantique ou encore, en 2017, Arrête avec tes mensonges (vendu à plus de 100 000 exemplaires) et Un personnage de roman.

Un certain Paul Darrigrand (Julliard)
24 janvier 2019

Dans la continuité d’Arrête avec tes mensonges, et avec une sensibilité toujours aussi exacerbée, Philippe Besson poursuit le récit de ses amours de jeunesse, marquées par le doute et la difficulté d’être soi.

Fin des années 80, Philippe Besson a vingt-deux ans. Il a quitté ses Charentes natales et étudie maintenant le droit à Bordeaux. Sur son campus, il fait la connaissance d’un certain Paul Darrigrand, de trois ans son aîné, dont il devient inséparable. Paul est marié, qui plus est avec une jeune femme pour qui le narrateur ressent une sympathie sincère. Autant de raisons pour ne pas encourager l’élan qui pousse les deux garçons l’un vers l’autre. C’est pourtant Paul, au cours d’un séjour à l’île de Ré, qui fait le premier pas, les précipitant tous les deux dans une relation charnelle incandescente, vouée à la clandestinité. Philippe, constatant qu’on ne peut décidément pas « l’aimer au grand jour », tombe soudain gravement malade. Deux événements en apparence sans rapport. Mais comment ne pas supposer qu’ils soient liés ? Comment ne pas entendre le langage du corps ? Comment ne pas voir la simultanéité du désir et de la souffrance ? Après « Arrête avec tes mensonges », Philippe Besson poursuit son dialogue avec les fantômes de sa jeunesse et approfondit le récit de sa vérité intime. Dans ce roman grave et mélancolique sur les amours impossibles, la mort rôde en sous-main, tel un révélateur. Tandis qu’en arrière-plan, les soubresauts d’un monde violent signent la fin d’une époque d’insouciance, c’est dans son propre corps que le narrateur éprouve toute la brutalité des contraintes sociales qui pèsent désormais sur la jeunesse. Parce que la vie aussi a le sens de la métaphore, les événements réels que relatent ici Philippe Besson lui inspireront un de ses romans les plus célèbres, Son frère. De l’art de livrer au lecteur quelques secrets de fabrication, tout en continuant à faire du très grand Besson !

Photo © Maxime Reychman