Né à Paris, en 1953, Christian Brissart est ballotté très tôt : parents divorcés, il atterrit à Valence, puis plus âgé, il vient s’installer à Limoges. Entré en 1968, suite à un concours, à l’école normale d’instituteur à 15 ans, il subit une première crise délirante et est diagnostiqué bipolaire, une pathologie qui le suit depuis. Il est « viré » de sa formation. Son parcours sera alors jalonné de plaies et de bosses, d’où il tire sa substantifique moelle. De ses faiblesses, il extrait sa force, et son imagination franchit parfois les limites du raisonnable. Tantôt banquier, tantôt jardinier et les deux à la fois, il assouvit une véritable fringale d’écrits : l’angoisse de la page blanche, il l’ignore, avec près de 80 romans et une centaine de nouvelles à son actif. Il est également nourri (voire gavé) de photographies et le cinéma l’abreuve. Publié pour la première fois par la revue « Point d’Encrage » en 1999, il entre en contact quelques années plus tard avec Fabrice Garcia-Carpintero, sur une scène Slam. Il est édité depuis chez Black-out, au rythme d’une publication par an, les personnages principaux de ses livres sont très majoritairement des femmes.
L'histoire
L’Océan de Genève, c’est la grande évasion de trois petits pélos... Voir l’océan à Genève, c’est voir, enfin, la vie en trois dimensions... Le premier jette sa femme, son attache-case et ses vilains dollars, pour goûter au vertige des falaises du Vercors. Le deuxième des trois petits cochons revient au bord du lac Léman où, jadis, enfant, il soigna ses poumons et osa biser une belle gamine du haut de ses sept ans... pour construire une arche, dans laquelle il voguera avec sa conquête. Et le dernier plante ses racines en Creuse, en haut d’un arbre, dans une cabane faite de bric et de broc. Mon tout, c’est la morale de cette fable éminemment immorale : lequel de ces trois petits cochons va se faire croquer en premier, par le grand méchant loup de la consommation ?
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