Dimitri Tsekenis est né en 1995 à Paris et vit maintenant à Angoulême. Il a fait des études de bande dessinée mais aussi de gravure, dont il a tiré son dessin tramé semblable à l’eau-forte. La Timidité des arbres est sa première bande dessinée.
L'histoire
Dans une grande ville, les éléments d’une nature souveraine envahissent, puis consolent, le paysage intérieur d’un jeune adulte.
Il est des branches, au sommet de forêts denses, qui jamais ne s’entremêlent. Il suffit de lever très haut les yeux, un jour ensoleillé de promenade, pour apercevoir certains arbres tracer des sillons, comme des fentes dans le ciel. En botanique, on appelle ce phénomène comportemental “la timidité des arbres”.
César a emménagé il y a quelques mois dans une grande ville pour y poursuivre ses études. Mais, en proie à des insomnies et à un mal-être qui ne dit pas son nom, il déserte les bancs de l’université et s’isole de ses camarades. Ses rares sorties le conduisent à l’épicerie, où il constate que la flore envahit peu à peu les rues, détruisant le mobilier urbain, redessinant la carte. Dans son petit appartement aussi, les racines percent et soulèvent bientôt le sol ; les feuillages bigarrent murs et plafond.
Ce décor dans lequel les tiges sont autant de caresses que d’épines sert de théâtre à une introspection sensible pour César et deux de ses amies, qui s’enfoncent au gré de leurs déambulations dans un bien-nommé jardin d’acclimatation. S’y trouvent-ils comme au cœur d’une jungle étrange et étouffante ou bien précisément dans le ventre du monde, là où ils pourront, chacun à sa façon, reprendre souffle ?
©D.R.