Actions scolaires 2027 : les inscriptions en ligne pour les prix littéraires jeunesse et pour le projet scolaire sont ouvertes.
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Philippe Besson : dès le départ, je savais exactement l’histoire que je voulais raconter. Je savais qu’il y aurait ce secret de famille remontant à l’été 1964 et qu’un écrivain partirait des années plus tard en quête de la vérité et de ses origines. J’avais donc une idée très précise des deux temporalités.
P.B. : oui. Je sais comment l’histoire se termine. J’aime dire que c’est comme un coureur de 100 mètres à qui on dirait de courir sans lui dire où est la ligne d’arrivée. J’ai besoin de connaître la fin pour donner une direction à l’écriture. Après, bien sûr, il y a des surprises en chemin, mais la destination reste fixée.
P.B. : les secrets de famille se transmettent souvent sur plusieurs générations. Ils créent des silences, parfois une sorte d’omerta ou une vérité officielle qui remplace la vérité réelle. Et un jour, quelqu’un veut savoir. On porte l’héritage de ces secrets et il est difficile de vivre avec des zones d’ombre dans une histoire familiale.
P.B. : les deux. Tout dépend du secret. Certains secrets sont si lourds qu’il vaut mieux ne pas les connaître. D’autres, au contraire, permettent de se construire lorsqu’ils sont révélés. Il n’y a pas de règle. Cela dépend aussi des individus et des situations.
P.B. : quand on mène une enquête, on cherche des faits. Mais on est souvent obligé de formuler des hypothèses. La vérité devient parfois multiple, ou partielle.
P.B. : la mémoire est complexe. Il existe des souvenirs très précis, mais aussi des souvenirs altérés par le temps. Deux personnes ayant vécu la même scène peuvent en avoir des versions différentes. Et puis il y a aussi une mémoire fantasmée, où l’on reconstruit ce que l’on aurait voulu vivre. Entre ces formes de mémoire, il y a toujours un écart avec la réalité.
P.B. : c’est un personnage à part entière. Je voulais que l’Italie, et plus précisément la Toscane, fasse partie de l’histoire. Les paysages, la lumière, les villages, tout cela devait être présent pour le lecteur.
P.B. : oui, c’était volontaire. Il y a une grande luminosité dans la Toscane et en même temps une obscurité dans l’histoire racontée. Ce contraste est essentiel dans le roman.
P.B. : le livre est un dialogue entre l’auteur et le lecteur. Le lecteur termine l’histoire avec sa propre sensibilité, ses émotions, son vécu. Il complète le texte. On ne peut pas tout dire : il faut laisser des espaces.
P.B. : oui, on ne peut pas écrire sans y mettre quelque chose de soi. Mais cela reste transformé par la fiction. Je suis toujours entre le roman et l’autofiction, entre l’invention et le vécu.
P.B. : oui et ils sont très nombreux. Les lecteurs ont été touchés par l’histoire du secret de famille, par les personnages, et aussi par le cadre italien qui offre une forme d’évasion.
P.B. : non, je suis déjà venu il y a longtemps, peut-être il y a plus de dix ans.
P.B. : j’aime aller à la rencontre des lecteurs. L’écriture est solitaire, et les salons permettent d’entrer en dialogue. C’est toujours très enrichissant de comprendre comment les lecteurs perçoivent un livre.
P.B. : oui, toujours. Ces rencontres sont souvent étonnantes, humaines et très stimulantes. Je suis très heureux de revenir à Limoges.
Clémentine Malzard, pour le Vivre à Limoges
Retrouvez la présentation de Philippe Besson, Président de Lire à Limoges 2026.