Prix Goncourt 1990 pour Les champs d’honneur, Jean Rouaud est l’auteur d’une œuvre considérable, dont La Désincarnation, L’Invention de l’auteur et La Femme promise.
L'histoire
Ce texte, que Jean Rouaud estime essentiel dans son œuvre, retrace son itinéraire spirituel. Il suit les méandres de toute une existence, depuis l’enfance de l’auteur dans la très catholique Loire-Inférieure, marquée par la mort prématurée de son père âgé de quarante ans, jusqu’à aujourd’hui : la vie d’un autodidacte surdoué, passionné de littérature et d’art, intéressé par la politique, qui progressivement tente de donner une cohérence au chaos qu’il traverse.
Cette cohérence, il finit par la trouver dans la Bible, à la faveur notamment d’un voyage en Israël qui sera un choc essentiel – sans parler de la rencontre avec la « fiancée juive » qui orientera de façon décisive sa pensée.
Rouaud interroge la place centrale qu’occupent les Juifs dans la civilisation occidentale.
De nombreuses pages sont consacrées à la peinture et aux représentations du Christ, de Marie, et de ce qu’elles disent de notre rapport à l’héritage évangélique et biblique : de Giotto à Matisse en passant par Rembrandt ou Holbein, Jean Rouaud commente les grands tableaux qui nous ramènent à ce patrimoine.
Nous avons une dette fondamentale, nous dit-il, envers la religion et la culture juives, qui nous ont offert la figure de Jésus. C’est, selon lui, l’impossibilité de rembourser cette dette qui a conduit à la haine du « peuple élu » qui s’est manifestée à toutes les époques jusqu’au summum atroce de la Shoah.
©Francesca_Mantovani