Fiction/non fiction

Matthieu BAUDOT

Jours : V, S m. - Stand : 10

Contre-emploi (Black-out)

Matthieu Baudot est un documentariste, aussi engagé dans plusieurs projets de courts-métrages, et explorant l’écriture sous différentes formes, de la poésie à la nouvelle, dont un recueil est en préparation. Il a toujours été animé par le désir d’écrire, mais c’est à l’issue d’un atelier de récit documentaire sur l’expérience du chômage, que ce premier livre aboutit, à la fois témoignage et biographie. Une écriture nourrie par son parcours atypique et les regrets qui en découlent : malgré un haut niveau d’études, un diplôme d’architecte et un master en archéologie et des années d’ateliers audiovisuels et littéraires, il fut demandeur d’emploi durant la majorité de sa carrière et ne trouva rien d’épanouissant, ou qui correspondait à la moindre de ses qualifications. Son témoignage est motivé par un engagement social fort, centré sur la question de l’emploi, avec le désir de rendre visible la réalité de celles et ceux qui peinent à trouver leur place, loin de clichés et des discours stigmatisants

L'histoire
« Jamais je ne travaillerai ! » annonça le jeune Matthieu lors d’un repas de famille, après avoir fait du marxisme sa cause, loin de s’imaginer que l’avenir ne lui réserverait aucun emploi convenable. Diplômé d’architecture, il se réoriente en archéologie, puis se forme comme documentariste sans pouvoir réaliser de documentaire, pour, tout compte fait, occuper des postes modestes sans conviction, après de longues périodes de chômage. Le voici donc soumis au « contre-emploi », sans saveur, dans l’attente d’une activité idéale qui pourrait le rendre heureux. Plus que l’histoire d’une vie, c’est un fourmillement de souvenirs croustillants, d’impressions réelles et de sentiments personnels qui ont une dimension universelle, transpirant d’espoirs déchus et de regrets amers qui sont minutieusement partagés avec nous. « Rechercher un travail est un travail à temps plein », lui disait son cousin psychanalyste qui plaidait pour le farniente, comme le héros du film d’Yves Robert datant de 1968, Alexandre le Bienheureux. Mais comment faire dans une société devenue ultralibérale, où le travail est survalorisé et le demandeur d’emploi considéré, a priori, comme fainéant et en conséquence excessivement surveillé, afin qu’il retrouve le chemin de la sacro sainte entreprise ?

©Black-out